Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent en France, avec plus de 100 000 nouveaux cas par an. Le nez, de par sa situation proéminente et son exposition quasi constante aux rayons ultraviolets, est une localisation privilégiée de ces cancers cutanés.
Même si la majorité des cancers de la peau ont un pronostic favorable lorsqu’ils sont diagnostiqués précocement, ils nécessitent une surveillance attentive et une prise en charge spécialisée pour éviter les complications esthétiques et fonctionnelles.
Quels sont les types de cancer de la peau qui touchent le nez ?
Plusieurs types de cancers cutanés peuvent atteindre le nez, une zone particulièrement exposée au soleil.
Le carcinome basocellulaire (CBC) est de loin le plus fréquent, représentant environ 70 à 80 % des cas. Il évolue lentement et donne rarement des métastases, mais il peut être localement agressif. Sur le nez, il se manifeste souvent par un petit nodule à l’aspect perlé ou par une plaie qui ne cicatrise pas.
Le carcinome épidermoïde (CEC) constitue le deuxième type le plus fréquent. Il est plus agressif que le CBC et présente un risque réel de métastases. Cliniquement, il apparaît généralement sous la forme d’une lésion rougeâtre, croûteuse, parfois ulcérée.
Le mélanome malin est plus rare au niveau du nez, mais il s’agit de la forme la plus grave. Il peut dériver d’un grain de beauté préexistant ou apparaître de novo. Son aspect est souvent celui d’une lésion pigmentée irrégulière, de couleur brune ou noire, parfois associée à des zones rouges ou blanches.
Symptômes à surveiller
Certains signes d’alerte sont communs à la majorité des cancers cutanés du nez. Il peut s’agir d’une plaie ou d’une croûte persistante qui ne guérit pas, d’un bouton ou d’un nodule augmentant lentement de volume, ou encore d’une lésion rouge, rosée ou translucide. Toute tache pigmentée qui modifie son apparence doit également attirer l’attention.
Concernant le mélanome, la règle dite « ABCDE » reste un repère essentiel. Elle repose sur la présence d’une asymétrie de la lésion, de bords irréguliers, d’une couleur inhomogène, d’un diamètre supérieur à 6 millimètres et d’une évolution rapide dans le temps.
D’autres manifestations peuvent accompagner ces lésions, notamment des saignements spontanés, une douleur ou une gêne locale, ainsi qu’une déformation progressive de l’aile ou de la pointe du nez.
Facteurs de risque spécifiques
Le principal facteur de risque est l’exposition solaire chronique aux rayons ultraviolets. Les coups de soleil répétés, en particulier durant l’enfance, augmentent également le risque. Les personnes à phototype clair, avec une peau, des yeux et des cheveux clairs, sont plus vulnérables.
L’utilisation de cabines de bronzage constitue un facteur aggravant reconnu. Les antécédents personnels ou familiaux de cancers cutanés jouent aussi un rôle important, tout comme les professions exercées en extérieur, telles que l’agriculture, la navigation maritime ou le bâtiment.
Diagnostic du cancer cutané sur le nez
Le diagnostic repose avant tout sur une consultation dermatologique spécialisée. Celle-ci comprend une inspection clinique minutieuse de la lésion, souvent complétée par l’utilisation d’un dermatoscope afin d’analyser finement les structures cutanées.
Lorsque la suspicion est forte, une biopsie cutanée est réalisée sous anesthésie locale. Cet examen permet de confirmer le diagnostic et de déterminer précisément le type de cancer grâce à l’analyse histologique.
En fonction des résultats et du type de cancer suspecté, des examens complémentaires peuvent être nécessaires. Un scanner ou une IRM peut être indiqué en cas de suspicion d’extension locale, et un bilan ganglionnaire est généralement réalisé pour les carcinomes épidermoïdes et les mélanomes.
Options de traitement
Le traitement du cancer de la peau sur le nez dépend de plusieurs facteurs : le type de cancer (carcinome basocellulaire, épidermoïde ou mélanome), sa taille, sa profondeur, son extension, mais aussi l’âge et l’état de santé global du patient.
Le nez étant une zone très visible et fragile, les médecins doivent trouver un équilibre entre efficacité oncologique et résultat esthétique. Cela implique souvent de recourir à des techniques chirurgicales spécifiques, mais d’autres approches existent lorsque la chirurgie n’est pas possible ou doit être complétée.
Voici en détail les principales options thérapeutiques.
Chirurgie dermatologique classique
L’exérèse chirurgicale consiste à retirer la tumeur cutanée avec une marge de tissu sain autour afin de limiter le risque de récidive. L’échantillon est ensuite analysé par un anatomopathologiste pour confirmer que toute la lésion a bien été enlevée.
Spécificité du nez
Le nez est une zone délicate : sa peau est fine, peu extensible et sa structure complexe (cartilages, reliefs). L’ablation peut donc entraîner un défaut esthétique important. Pour y remédier, les chirurgiens dermatologues ou plasticiens réalisent des techniques de reconstruction :
- Greffes cutanées : prélèvement de peau sur une autre zone (par exemple derrière l’oreille) pour recouvrir la zone enlevée.
- Lambeaux locaux : déplacement d’un fragment de peau voisine pour combler le défaut, en respectant les lignes naturelles du visage.
Chirurgie de Mohs
La chirurgie de Mohs est une technique de microchirurgie spécialisée, particulièrement indiquée pour les cancers cutanés du visage.
Elle consiste à retirer la tumeur couche par couche, en analysant chaque prélèvement immédiatement au microscope.
Intérêt sur le nez
- Permet de conserver un maximum de tissu sain, essentiel pour le nez où chaque millimètre compte.
- Garantit des marges de sécurité optimales, réduisant fortement le risque de récidive.
- Technique privilégiée pour les carcinomes basocellulaires infiltrants ou récidivants du nez.
Radiothérapie
La radiothérapie utilise des rayons ionisants pour détruire les cellules cancéreuses. Elle est pratiquée en plusieurs séances, ciblant précisément la zone atteinte.
Indications
- Alternative chez les patients non opérables (âge avancé, contre-indication médicale à la chirurgie).
- En complément d’une chirurgie lorsque l’exérèse n’a pas été complète.
Prévention et suivi
La prévention des cancers cutanés du nez repose avant tout sur une protection solaire rigoureuse. L’application quotidienne d’une crème solaire à indice de protection élevé (SPF 50) est recommandée, avec un renouvellement toutes les deux heures en cas d’exposition prolongée. Le port d’un chapeau à larges bords et de lunettes de soleil permet de renforcer cette protection, en particulier au niveau du visage. Il est également conseillé d’éviter l’exposition solaire directe entre 12 h et 16 h, période durant laquelle le rayonnement ultraviolet est le plus intense.
L’auto-surveillance joue un rôle essentiel dans le dépistage précoce. Il est important d’examiner régulièrement son nez et l’ensemble du visage afin de repérer toute modification inhabituelle. Une consultation médicale s’impose en cas de plaie persistante, de bouton augmentant progressivement de volume ou de tache pigmentée présentant un aspect suspect.
Le suivi médical doit être adapté au profil de risque du patient. Une consultation dermatologique annuelle est généralement recommandée, mais elle peut être plus fréquente chez les personnes ayant des antécédents de cancer cutané. Après un premier cancer de la peau, une surveillance rapprochée est indispensable, car le risque de récidive ou de survenue d’une nouvelle lésion est significativement augmenté.
Conclusion
Le cancer de la peau sur le nez est fréquent, principalement en raison de l’exposition solaire. Bien qu’il puisse être grave, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent le plus souvent une guérison complète, avec des résultats esthétiques satisfaisants.
La vigilance (auto-surveillance, protection solaire) et le suivi dermatologique régulier sont les meilleures armes pour détecter rapidement toute lésion suspecte.
Au Centre Skin Marceau à Paris, nos dermatologues assurent le dépistage, le traitement et le suivi des cancers cutanés du visage, en associant expertise médicale et prise en charge esthétique personnalisée.
Questions fréquentes
Le cancer de la peau sur le nez est-il fréquent ?
Oui, le nez est l’une des localisations les plus fréquentes en raison de son exposition solaire directe.
Est-ce toujours grave ?
Le carcinome basocellulaire est rarement mortel mais destructeur localement. Le mélanome, en revanche, est plus agressif et nécessite une prise en charge rapide.
Une tache pigmentée sur le nez est-elle toujours un mélanome ?
Non, mais toute lésion qui change d’aspect doit être examinée par un dermatologue.
La chirurgie laisse-t-elle une cicatrice ?
Oui, mais les techniques de chirurgie dermatologique et de reconstruction esthétique permettent de limiter l’impact visuel.
Peut-on prévenir ce cancer ?
Oui, la protection solaire rigoureuse et la surveillance dermatologique réduisent considérablement le risque.